Jardin d’hiver

A l’arrière de la Manufacture Pralus, le premier jardin collaboratif
créé en entreprise dans la Loire semble en sommeil…
Mais sous la paille et dans les serres, la nature se prépare
.

Fin janvier à Roanne: dans le verger, la nature s’éveille en douceur.

Des choux, des poireaux, encore quelques carottes, des navets… L’abondance de l’été passée, la production continue gentiment au jardin en permaculture. Les poules, elles, se moquent bien des saisons et continuent à pondre pour que chacun reparte avec sa boîte d’oeufs bio chaque fin de semaine.
La nouvelle jardinière Corinne Dupeyron, s’affaire avec Patrick dans la serre chaude: fèves d’Auvergne, salades, pois gourmands pointent déjà leurs pousses tendres à travers le paillage, encadrés par les rangées de pommes de terre, “c’est risqué en janvier, mais il fait bon ici”. Les poireaux bleus de Solaize, les navets et les carottes déploient de jolies pousse vertes.

Ici, les jardiniers ont semé tous leurs plants qu’ils repiqueront dans les buttes à l’extérieur.

Au chaud, mais protégés du soleil, les semis sont eux aussi bien avancés: tomates, Physalis peruvia, brocolis, semés en
fonction de la lune et de la position des planètes: plantes fruits dès le 25 janvier puis plantes racines le lendemain. “Nous ne nous servons que de semences paysannes et nous comptons faire tous nos plants”, explique la jardinière qui se fait formatrice et sensibilisatrice auprès des employés de la manufacture. 

Une brouette de carottes du jardin à éplucher pour le ragoût… Et combien de patates Corinne?

Ce jeudi sans jardinage, elle épluche les légumes du ragoût qu’elle cuisinera pour le casse-croûte du lendemain.
Aux légumes du jardin bien sûr! Seules les pommes de terre sont “importées”, mais de son propre jardin!Sur les buttes à l’extérieur, l’automne et l’hiver marquent un temps de préparation des sols avant les premiers semis. “Nous avons apporté 10 tonnes de matière organique, des feuilles récupérées grâce aux services de la ville de Roanne. De l’argile verte va permettre de recréer un complexe argilo-humique (pour favoriser l’humus) sur ce terrain un peu trop sablonneux”. Pour terminer, une bonne couche de paille, mais pas n’importe laquelle: elle est issue d’anciennes variétés de blé (plus dures) et enfin du BRF, bois raméal fragmenté qui va apporter une couverture différente au sol tout l’hiver. Sur cette ancienne friche industrielle, “il faut que la vie se réinstalle, explique Corinne. On crée des niches, tout un environnement  pour recréer un équilibre naturel”

Dans la serre, sous la paille, les fèves d’Auvergne sont déjà bien avancées. Entre les plants, les salades repiquées seront ramassées dans quelques semaines

Les légumes plus résistants au froid trouvent ici un bon refuge pour être semés directement: carottes nantaises, laitue batavia grenobloise, fèves d’Auvergne et pois gourmands résistent en effet jusqu’à – 15°. 

Corinne fait découvrir à Fatou, une des employées de la manufacture, les branches de céleri: pour parfumer une soupe ou crues en salade, elles sont précieuses en hiver.

“Nous pratiquons ici un maraîchage de sol vivant, sans labour, avec recouvrement constant de matière organique”. De quoi intriguer les employés de la manufacture, moins présents en hiver au jardin, mais toujours curieux de la vie qui s’y prépare.
Ce jardin, le premier jardin collaboratif en entreprise de la Loire, permet en effet de créer du lien entre des équipes qui ne se croisent que très peu durant leur temps de travail. Corinne et Patrick, en coaches verts, apportent leurs connaissances et leur savoir-faire, que l’on retrouve jusque dans la variété des assiettes servies en fin de semaine au casse-croûte. Du panais? Mais oui, du jardin! Bon appétit! 

Le saviez-vous? Les plants de lin semés dans les buttes protègent les pommes de terre des invasions de doryphores. De jolies fleurs bleues très utiles.